Que retenir de la Bhagavad-Gîtâ? (résumé simplifié)

By Isa | Philosophie yogi

Mai 02
que retenir de la Bhagavad-Gîtâ

Quelle prétention de s’attaquer à une oeuvre aussi sacrée que la Bhagavad-Gîtâ! Mais rassurez vous, je vous propose ici un simple résumé et introduction à ce poème philosophique et religieux. Ceci est donc le fruit des différentes lectures et recherches que j’ai effectuées afin de vous proposer cet article et les infographies que vous pouvez trouver au format PDF sur mon compte tipeee.

Si vous préférez écouter ma petite voix au lieu de lire, voici l’article résumé en vidéo

Et si vous êtes impatient.e d’aller directement au sujet qui vous intéresse, voici le sommaire pour une lecture rapide

C’est quoi la Bhagavad-Gîtâ ?

Avant d’aller plus loin, il est essentiel de poser les bases. Composé il y a plus de 2000 ans (au IIIème siècle avant J-C), c’est un poème qui comporte 18 chants. Donc c'est un super long poème, celui qu'on aimerait pas apprendre par coeur...Le titre signifie « le chant du bienheureux ».

Et je vous vois venir avec vos questions pertinentes...Le bienheureux "Bhagavan", c'est notre bon Krishna, qu'on évoquera un peu plus loin. Patience!

Aucun auteur n’a pu être identifié, Il aurait vraisemblablement été écrit par plusieurs mains, mais pas n'importe lesquelles. Celles de Brahmanes.

Un Brahmane, en Inde, est un détenteur traditionnel du savoir religieux

L’oeuvre fait partie d’un ensemble plus vaste, une épopée: le Mahâbhârata

L’histoire résumée du Mahâbhârata

Ce n’est pas une mince affaire de raconter en quelques lignes l’histoire du plus long poème du Monde.

Déjà, le Mahâbhârata est comme l’Illiade, c'est à dire le récit d’une tragique bataille. La bataille du Mahâbhârata  oppose 2 familles, les Kaurava et les Pandava.

Il était une fois...

Dans la cité d’Hastitapura vivent 2 princes cousins. Aveugle et père des cent Kaurava, le roi Dhritarashtra adopta à la mort de son cousin Pandu, ses cinq fils, les Pandava. La jalousie des Kaurava conduit le roi Dhritarashtra à chasser les Pandava du palais. 

L’aîné des Kaurava tente de mettre un feu à leur maison, mais prévenus, les Pandava se réfugient dans la forêt. Lors d’un concours de tir à l’arc, les cousins s’affrontent. Arjuna, l’un des Pandava, l’emporte et Dhritarashtra donne la moitié de son royaume à ses neveux. 

Jaloux, les Kaurava les invitent pour une partie de dès. Les Pandava se retrouvent dépouillés de tout et s’exilent dans la forêt.

Au bout de 12 ans, ils décident de reconquérir leur royaume. La guerre est proche.

War is coming…

Chaque camp choisit ses alliés. Sollicité mais refusant de se battre, Krishna accepte d’être le cocher d’Arjuna. Le dieu encourage Arjuna de ses conseils, qui seront transcrits dans le poème de la Bhagavad-Gîtâ. Lors de la bataille de Kurukshetra, tous les Kaurava sont tués et Dhritarashtra se retire dans la forêt pour mourir.

Les Pandava héritent du royaume, mais pris de remods, ils abdiquent et s’exilent dans les Himalaya. Après un bref passage dans les enfers, ils entrent au royaume d’Indra (dieu de la guerre et souverain du ciel).

Extrait du livre « la mythologie indienne » de Jean-Charles Blanc

L’histoire de la Bhagavad-Gîtâ

que retenir de la Bhagavad-Gîtâ

On vient de le voir avec l’histoire du Mahâbhârata, la Bhagavad-Gîtâ raconte essentiellement le dialogue entre Arjuna et Krishna. Un peu mince comme résumé, non? Mais dites vous que c'est un dialogue vraiment passionnant, et sur plusieurs aspects.

Arjuna, le grand guerrier du clan des Pandava, se retrouve en proie à un dilemme: doit-il accomplir « son devoir », c’est à dire combattre mais tuer en même temps des membres de sa famille? Ou renoncer à se battre et subir le déshonneur en conduisant son peuple à la défaite?

Krishna va donc le conseiller, tout au long de ce poème, de prendre les armes et d’accomplir son « devoir ».

La philosophie:

Ce dialogue entre Krishna et Arjuna sert donc de base à l’enseignement spirituel et philosophique de la Gîtâ. Avec notamment comme thème de « l’acte juste » et du salut.

La religion:

C’est aussi une ode lyrique au dieu Krishna, ce qui explique pourquoi c’est un texte sacré de l’hindouisme

Pour aller plus loin


On notera ici qu'on peut difficilement dissocier la Gîtâ des textes qui l'ont précédée, à savoir les Upanishad (textes sacrés du védisme) et de la prédication bouddhique

En bref: Le thème de l'accomplissement de son "devoir" est un aspect classiquement védique. Puis le renoncement du désir égoïste est un thème classique du bouddhisme. 

Comment Krishna va convaincre Arjuna de combattre?

Assez rapidement, Arjuna est plutôt ferme sur le fait qu’il ne veut pas combattre. Il n’a pas envie de tuer des membres de sa famille. Jusque là, on peut tous plus ou moins le comprendre ! Et puis, il ne voit pas le « but » de prendre les armes dans un conflit qu’il ne comprend pas vraiment. 

Krishna, considéré dans la religion hindouiste comme un Dieu d’amour et de paix, n’en est pas moins un redoutable guerrier et …un fin stratège politique. Son rôle est décisif dans cet "épisode" car c'est lui qui va convaincre Arjuna de se battre.

Voici une petite leçon de persuasion "made in Krishna", en 4 points :

que retenir de la Bhagavad-Gîtâ

1) On va tous mourir

C'est l'idée en tout cas, mais il la présente mieux.

Krishna évoque ici le principe d’impermanence de l’Univers. Tout change, et pour autant le fondement du monde « survit » toujours en chacun de nous. Il n’y aurait donc pas vraiment lieu de s’apitoyer devant la mort, la sienne ou celle des autres. L’idée derrière ça est d’accepter toutes les composantes de la vie ici bas (dont la mort).

2) Fais ce que tu as à faire

Arjuna est un guerrier. Il doit donc combattre.

Creusons un peu: ici est un message surtout social et moral. Chacune et chacun d’entre nous doit respecter et honorer les impératifs liés à sa condition. Avec ici un message puissant « Mieux vaut accomplir, fût-ce médiocrement, son devoir propre (sva-dharma) qu’accomplir, même parfaitement, celui d’autrui ».

3) Concentre toi uniquement sur l’action, le reste…on s’en fiche

L’idée ici, vous le sentiez venir, est donc de renoncer à tout désir égoïste.

C’est cette éthique qui constitue le message central du livre. La voie de l’action, mais pas n’importe comment. Faire de l’action sa préoccupation principale: ainsi, accomplie avec amour l’action comprendra sa propre gratification. En quelque sorte, en renonçant à notre satisfaction personnelle, on participe à la satisfaction générale.

4) Mets toi au yoga

Le saviez-vous? Arjuna fût le premier à réussir une posture sur la tête.

Bien sûr, c'est faux. Le yoga ici est pas vraiment instagrammable puisqu'il ne "se montre pas", c'est une discipline particulière qu'on détaille juste après. En effet, Le yoga évoqué dans la Gîtâ est une voie du renoncement, de la discipline et de l’ascèse

Le yoga de la Bhagavad-Gîtâ

Aujourd’hui quand on dit « je fais du yoga », cela signifie sûrement suivre des "live  yoga" sur instagram (à prendre au 3ème degrés svp)…Mais aussi qu’on pratique certaines postures, avec une grande attention sur la respiration, peut être un peu de méditation. En gros. Ne vous vexez pas si je n'ai pas détaillé toute l'étendue des formes que peut revêtir le "yoga" aujourd'hui. (si vous voulez savoir tout ce que le yoga comporte, voici un article sur les 8 membres du yoga).

Se vexer, c'est pas très yogi 🙂

Le « yoga »  présenté dans la Gîtâ est une discipline conduisant celui qui la suit à être intérieurement plus libre et conscient de sa part de responsabilité dans l’ordre ou le désordre du monde.

Vaste, vaste programme.

Un yoga du corps, de l'esprit, de la parole.

Dans le poème de la Bhagavad-Gîtâ, le mot yoga (qui était déjà apparu dans des textes plus ancien) renvoie à une pratique qui engage la totalité de l’être: son corps, son esprit, sa parole. C'est aussi une discipline qui implique un passage à l'action: "yoga is skills in action", le yoga c'est l'habilité dans l'action.

Le chant IV notamment précise que le yoga engage le corps et l’esprit. Il n’est ni un jeûne intégral, ni un sommeil excessif, mais un usage dosé des nourritures et des exercices.

La méditation est aussi évoquée: pour méditer on doit se tenir aligné, le corps, la tête et le cou via un effort de concentration et d’attention, contrôler son esprit.

Un yoga en lien avec le divin.

Rentré ainsi en lui-même, le yogi retrouve son unité profonde et s’unit à l’absolu présent en toute chose. Cet absolu, qui est évoqué dans de nombreux passages, n’est autre que Krishna lui-même, le divin.

On aborde ici toute la dimension religieuse de ce texte, qui peut ou pas parler. La clé de la sagesse se trouve dans la capacité d’être indifférent vis à vis des passions, d’abandonner les actes inspirés par le désir. Ce renoncement est accessible au moyen de la discipline, de ce yoga. C’est ce renoncement qui conduit à la dévotion envers le dieu. Cette extase mystique correspond à la paix définitive, au bonheur éternel, avec la libération du cycle des renaissances.

Pour aller plus loin


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Dans l'hindouisme et le jaïnisme, la moksha (terme sanskrit pour "libération") se rapporte à la libération finale de l'âme individuelle du cycle des renaissances. 

La croyance quant à la manière dont la moksha peut être atteinte change d'une tradition à l'autre. De façon générale, trois voies ou mârga (sanskrit : chemin) sont identifiées : la voie de l'action, de la connaissance ou de la dévotion.


Source: www.yogapedie.com

Un yoga du choix.

Et on peut voir aussi une autre dimension, très «  spirituelle ». Car ce yoga est une voie d’action, de discipline, mais on y cherche aussi (et surtout) un apaisement de l’esprit, notamment au travers de choix plus « justes ».

Souvenons nous: le point de départ de ce poème, est…un dilemme, un choix, une décision.

Chaque acte effectué aujourd’hui est certes déterminé et conditionné par un passé et un contexte, et il est en même temps cause d’effets à venir. Un choix n’est jamais unidimensionnel. 

Au final, qu’est ce qui fait une bonne décision? Une décision juste, tout du moins? C'est en gros ce que ce poème peut aussi nous léguer.

Les influences de La Bhagavad-Gîtâ

Comme c'est l’oeuvre indienne la plus traduite dans le monde, de nombreux penseurs y ont mis le nez dedans. Vous trouverez d'ailleurs différentes versions, commentaires (de Shankara, Râmâmnuja, Shri Aurobindo, Swami Chinmayananda,…). J’ai sélectionné dans un numéro de philosophie magazine (lien dans la biblio) quelques visions différentes des penseurs et penseuses suivants:

Gandhi

M.K. Gandhi 

Non seulement il en a fait un commentaire et une traduction mais il y a puisé sa doctrine de la « non-violence » (en sanskrit: ahimsâ). Le détachement par rapport au désir permet d’agir de manière juste

C’est surtout les premiers chants de la Gîtâ qui lui on servit de base.

De plus, la Bhagavad-Gîtâ proclame l’égalité de tous devant le divin, ce qui nourrit la lutte de Gandhi contre le système des castes.

Hegel

G.W.F. Hegel

La Bhagavad-Gîtâ n’a pas fait que des émules, la preuve avec Hegel qui n’a pas trop adhéré. Selon lui la Bhagavad-Gîtâ est « vide de contenu universel » et sur le plan moral « elle promeut une « obéissance aveugle » à l’ordre social et religieux établi.

schoppenhaer

A. Schoppenhauer

Selon lui, cette oeuvre fournit « la seule langue » permettant de bien comprendre son concept principal: la volonté comme « essence de toute chose ». Il se réclame même de l’hindouïsme et du bouddhisme pour penser la négation du vouloir-vivre, solution possible pour s’affranchir de la souffrance, « fond de toute vie ».

thoreau

R.W. Thoreau

L’auteur de Walden, qui s’est un temps retiré du monde pour vivre dans une cabane au bord d’un lac estime que ce poème est un des textes « les plus sacrés qui nous soient parvenus ». Il évoque l’oeuvre indienne dans « Walden »: "le matin, je baigne mon intellect dans la philosophie stupéfiante et cosmique de la Bhagavad-Gîtâ". C’était un proche de R.W. Emerson pour qui la nature étant au centre de son oeuvre et de sa vie. Il la voyait divine, avec une unité retrouvée ainsi chez tous les êtres vivants, thème évoqué dans la Bhagavad-Gîtâ.

simone weil

S.Weil

Philosophe, militante et mystique attirée par le christianisme, Simone Weil est l’un des esprits les plus fulgurants de XXème siècle. Dans sa dernière oeuvre, "l’enracinement", elle pose la nécessité d’avoir des racines, tout en cherchant à renouer le lien entre l’homme, le monde et Dieu. Elle est morte de la tuberculose à 34 ans.

Elle a appris le sanskrit pour traduire certains passages de la Gîtâ.  D'ailleurs, elle s’intéresse à la conception de l’absolu impersonnel de la pensée indienne et résume ainsi la leçon qu’elle tire de ce poème « accepter d’être soumis à la nécessité et de n’agir qu’en la maniant » (cahiers).

Philosophie Indienne VS philosphie Grecque

On vient de survoler vite fait un grand classique de la pensée Indienne. Pour autant, avant de « faire du yoga » je n’avais pas entendu parler de ce texte. Je ne l’ai pas étudié à l’école, ni à l’université.

Pourtant, j’ai entendu parler de la mythologie grecque, j’ai étudié certains textes, je connais de quoi parle l’Iliade et l’Odyssée.

Si je me permets de comparer les 2, c’est parce qu’à presque la même période, la philosophie grecque et indienne étaient en plein essor.

L'organisation de la société indienne

Ce dernier paragraphe m’a largement été inspirée par un excellent article de Michel Hulin dans un hors série de philosophie magazine (lien dans la bibliographie)

Pour aller plus loin


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Revenons brièvement à la structure de la société indienne. La hiérarchie indienne à l’époque était très rigide:

  1. Il y avait les brahmanes (les lettrés, avec les prêtres),
  2. Les guerriers, les kshatriyas,
  3. Puis les vaishyas c’est à dire les artisans et commerçants,
  4. et enfin les shudras, les serviteurs.

La société indienne est donc quadrillée et très hiérarchisée. Ceci a vraisemblablement bloqué certaines revendications vers l’égalité et la contestation du pouvoir royal. On peut nuancer ces propos en citant les courants bouddhistes et jaïnistes qui eux, portaient un message contestant l’ordre établi, plus d’harmonie et d’équité…Mais pas de manière ni trop radicale, ni totale. La supériorité intellectuelle à l’époque était donc cadrée par les brahmanes.

Cette distance entre le « savoir » et le peuple est vraiment différente de ce qu’il s’est passé en Grèce. On observe tôt en Grèce à la naissance de discussions sur les principes à adopter pour une fonctionnement harmonieux de la cité. Grâce notamment à la mythologie. Car la mythologie grecque et sa philosophie se nourrissent l’une de l’autre afin de s'incarner ici et maintenant.

Elles (mythologie et philosophie) montrent 2 voies d’accès à cette harmonie tant désirée. La mythologie narre la construction de l’harmonie, la philosophie nous invite à la comprendre rationnellement afin de nous y ajuster par l’éthique (Luc ferry).

L'ouverture au monde

Les grecs étaient très curieux de la différence, les "barbares" étaient des objets de curiosité.

Pour aller plus loin


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Le mot barbare nous vient d'une onomatopée par laquelle les Grecs de l'Antiquité désignaient les gens qui ne parlaient pas leur langue ! Les Grecs ignoraient toutefois le concept de barbarie que nous attachons aujourd'hui à ce mot, c'est-à-dire l'idée qu'il existerait une part d'inhumanité plus ou moins grande en chaque homme ou en chaque société.


Source: Herodote.net

C'est différent de l'Inde où l'étranger (le meleccha) était plutôt méprisé. D'ailleurs, un brahmane qui partait à l'étranger était considéré comme "souillé" à son retour. 

Rapport entre exercice physique et philosophie

Et je terminerai avec un dernier parallèle: la philosophie grecque a grandi dans des cités qui favorisaient la gymnastique.

De même, le yoga postural, lui aussi, nous invite à passer par le corps pour façonner notre esprit.

Certes notre corps n'est qu'une enveloppe, mais une enveloppe qui gagne à être entretenue et entraînée.

Ne dit-on pas "un esprit sain dans un corps sain?"

Un dernier mot

En tout cas, ces grandes histoires, que ce soit la Bhagavad-Gîtâ ou la mythologie grecque nous permettent à la fois de suivre des aventures grandioses mais aussi de nous interroger sur le sens de la vie, de nos actes.

Et dans un monde de plus en plus fou et flou, peut être que revenir à ces histoires nous permettent 1) de passer un moment aussi divertissant que devant game of thrones et 2) de pousser nos réflexions un peu plus loin.

J’ai été ravie de vous faire cet article imparfait, un peu long, et j’espère vous retrouver dans les commentaires pour suivre la discussion!


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Livres et sources

The Bhagavad-Gîtâ traduite et commentée par Eknath Easwaran*: En anglais, un classique pour appréhender sans peur cette oeuvre intimidante.

La Bhagavad-Gîtâ, traduite et commentée par Gandhi*: pour avoir une vision plus politique du poème.

Tu es donc je suis , de Satish Kumar*: un très beau livre pour aborder en douceur la religion jaïn mais aussi pour ouvrir la discussion sur le monde d'aujourd'hui et notre part de responsabilité.

La sagesse des mythes 2 de Luc ferry*: pour voir et revoir entre autre la mythologie grecque.

La mythologie indienne: un tout petit livre pour aborder sans trop se perdre la mythologie indienne.

Petit traité de l'histoire des religions de Frédéric Lenoir*: pour enrichir sa culture générale sur les religions.

Plusieurs épisodes de philosophie magazine:

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About the Author

Professeur de yoga, étudiante en naturopathie, passionnée par la nutrition et l'alimentation santé. Amoureuse de la montagne et de la nature. Et fondatrice du site internet www.yogisa.life

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