Devenir entrepreneur : les erreurs d’une prof de yoga naïve

By Isa | Réflexions

Oct 23
Devenir entrepreneur

Devenir entrepreneur : c'est un peu le rêve du moment. Pour le vivre au quotidien, j'avais envie de faire le point et de remettre les choses au clair. J'ai eu une vision très binaire : salarié = enfer et entrepreneur = liberté. Et  je réalise aujourd'hui que cette tant voulue liberté demande aussi...du travail, des compétences et, parfois, de sortir les griffes.

Ce n’est pas un article fouillé mais plutôt un article réflexion, J’avais à coeur de parler de ce sujet sur mon blog, car même si je suis très active sur Instagram, c’est ici que j’ai commencé mon activité en ligne et c’est là où j’aime le plus vous accueillir.

Mon parcours avant d'être entrepreneur

Vous le savez peut être, avant d’être prof de yoga j’étais fonctionnaire (ou vous ne le savez  pas, dans ce cas je vous invite à voir cette vidéo où je vous explique mon parcours).

J’ai donc connu pendant 6 ans les horaires fixes, l’ambiance de bureau, la sécurité de l’emploi, les RTT et…les vacances.

Mais être salarié c’est aussi devoir « rendre des comptes », respecter des règles (que l'on trouve parfois absurdes) et…ne pas forcément faire ce qu’on aime.

Si vous me connaissez un peu, vous savez sûrement que je suis disciplinée. Mais sous certaines conditions…

Pour être honnête, j’ai un côté un peu associal. Donc les pots et le « social » à la machine à café ça me plombait souvent, tout dépendait des services. Dans tous les services où je suis passée, j’y ai rencontré des gens extra, mais je n’ai jamais été « la » fille que tout le monde apprécie.

Concernant la hiérachie, si la hiérachie est compétente et honnête, je n’ai aucun problème à travailler « pour elle », à l’inverse…Si ma hiérachie me semble incompétente et malhonnête, je deviens une féroce adversaire.

Et dernier point : les possibilités d’évolution. Dans la fonction publique on évolue soit en passant des concours, soit à l’ancienneté. Pas toujours à la compétence. Si vous avez un côté un peu perfectionniste, ce genre de truc va vous énerver, je vous assure.

Ma vision édulcorée du monde de l'entreprenariat 

Donc, je n’étais pas une "très bonne fonctionnaire". Quand j’étais à Paris, je me souviens d’une discussion surréaliste avec un collègue qui me disait « on ne te demande pas de réfléchir ici, alors fais ce qu’on te dit »..

Et ce jour là, j’ai repensé aux livres d’histoire, à mon voyage à Berlin qui m’avait bouleversé « historiquement » parlant. Alors, c’est comme ça qu’on installe des dictatures? En choisissant d’arrêter de réfléchir par soi même? Je vais sûrement trop loin dans la comparaison. Avec le recul, j'ai observé ce type de réflexions "inquiétantes" un peu partout...

Car ce que j’ai vu dans la fonction publique, je le vois  sur les réseaux sociaux où il est « bien vu » de suivre des modes, des #faiscommemoietteposepasdequestions et de ne surtout pas contredire les « personnalités publiques ».

Quand je suis devenue entrepreneur j’ai pensé (à tort) que je ne rencontrerai que des gens sympas et compétents, que je trouverai des clients facilement et que je pourrais être solitaire.

Mes fausses croyances sur l’entreprenariat

Le syndrôme de « il reste 45 minutes »

Quand j’ai décidé de devenir entrepreneur et de me lancer dans cette merveilleuse aventure, j’ai pensé (naïvement, vous l’imaginez bien) que tout irait vite et sans embûches.

Avec mon copain, quand on part en rando on est nuls, vraiment très nuls pour déterminer combien de temps il nous reste avant le sommet, avec la cascade, avant la voiture. Souvent on dit « il reste 45 minutes »…Résultat, 2h après, on est  (toujours) en train de râler dans un éboulis raide et qui ne semble pas se terminer.

Ma vision de l’entreprenariat c’était ça! Je pensais arriver rapidement et sans avoir besoin de personne= 2ème erreur.

Seule on va plus vite, à plusieurs on va plus loin

Oui, à condition de s’associer avec les bonnes personnes. Car si on reste isolée, rien n’avance.

Devenir entrepreneur

Je vous partage ici les choses qui marchent pour moi:

  • Prendre du temps pour rencontrer et apprendre des gens du métier dont j’aime beaucoup le travail. C’est la raison pour laquelle j’ai pris des cours de yoga avec plusieurs professeurs différents.  Et que je continue à prendre des cours de yoga Iyengar avec Bérénice qui, selon moi, est une des meilleures prof du coin (j'habite Thonon-les-bains). Pourquoi? Car on apprend mieux en choisissant des personnes qui en savent plus que nous! Si on perd du temps à critiquer des collègues, le temps est perdu pour tout le monde. Si le travail d’un tel ne nous plait pas, on le zappe. C'est essentiel de se concentrer sur ce qui nous fait évoluer!
  • Développer de nouvelles compétences. Notamment en prenant quelques cours de pilates avec différents profs, d’essentrics (une pratique extra venue du Canada) ou de gymnastique avec une pro. Le fait de sortir de son formatage « yoga » permet parfois (voire très souvent) une meilleure compréhension des mouvements du corps.
  • Tisser son réseau avec des gens dont on apprécie les projets. Que ce soit un restaurateur, une masseuse ou une musicienne, au plus on cotoit des gens qu’on apprécie et dont les projets nous émerveillent au plus on élargit son cercle de bonnes ondes et de nouvelles expériences! Et c'est aussi pour cette raison que quand Peche m'a sollicitée pour co-créer le programme de yoga & développement personnel "Reconnexion", on a mis en commun nos compétences pour proposer un contenu (à mon sens) hyper complet et donc très enrichissant.
Devenir entrepreneur


Cessez l’angélisme pour s’ouvrir au réalisme

Pendant 2 ans, j’ai tenu naïvement à mon crédo « il n’y a pas de concurrence en yoga ».

Je vous autorise à rire.

Aujourd’hui mon avis est bien plus nuancé.

C’est vrai que chaque prof de yoga étant différent, la concurrence se dilue facilement. on peut changer de cours en fonction de l’ambiance que met le ou la prof dans ses cours et c’est ça qui est beau: il y a en effet de la place pour tout le monde.

mais reality check : la pratique du yoga est en plein essor et pour se faire une place il faut se rendre visible.

Certains vont utiliser la technique « je sais mieux que les autres », malheureusement très risquée et franchement peu éthique. Ou, celle qui me fait le plus rire "plus spirituel que moi, tu meurs".

Sinon, ce que je vois chez Bérénice, c’est le côté pro qui fait la différence. Ça pourra prendre plusieurs mois ou années mais les élèves savent chez qui ils vont. Car dans le yoga, comme ailleurs, c'est très difficile pour les élèves de savoir si l'enseignant est compétent ou pas, surtout en tant que novice.

Pour ma part j’ai ouvert les yeux suite à quelques mésaventures et fermé ma porte à des collègues trop mesquins ou peu scrupuleux. Yoga ou pas, le monde est tel qu’il a toujours été: voir la vie en rose peut-être mais c’est nécessaire  d’accepter toutes les nuances de celle ci.

Toujours entrepreneur? Quel avenir aujourd'hui?

Je pense que l’entreprenariat n’etait pas « inné » chez moi et j’ai eu la chance d’être confrontée très vite à des choix, des mauvaises décisions qui m’ont vite permis d’apprendre.

Même si, aujourd'hui, je réalise qu'il me manque quelque chose de crucial dans le yoga, mais ça c'est un autre sujet et on en parlera une prochaine fois. Je réalise désormais que pour que mon activité ait un sens à long terme, je vais devoir me tourner vers des formations bien plus cadrées, bien plus sérieuses aussi.

Si on n’accepte pas la part d’incertitude, de remises en question (nécessaires) de travail colossal et de marketting obligatoire derrière toute activité d’entrepreneur (yoga ou pas), je pense qu’il est plus sage de s’abstenir. 

Pour la visibilité, certains adoreront les réseaux sociaux (j’en fais partie, même si mon  regard de trentenaire me donne un regard un peu critique dessus) et c’est ok! D’autres préfèreront le face à face ou les flyers et il faut foncer dans ces cas là! Râler sur une technique qui marche ne pourra en aucun cas faire avancer votre projet.

Croire qu’on nous appellera sans qu'on bouge notre petit doigt est illusoire. Le terme « se vendre » est teinté de négatif pourtant si on a un super produit, de bonnes compétences et qu'on a vraiment à coeur d’apporter du positif, quel mal y a t il à pousser des portes?

Je vous laisse méditer là dessus. Je médite aussi là dessus depuis un paquet de temps, je vous rassure:-)

Dites moi en commentaire vos expériences d’entrepreneur je serai ravie de les lire!


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About the Author

Professeur de yoga, étudiante en naturopathie, passionnée par la nutrition et l'alimentation santé. Amoureuse de la montagne et de la nature. Et fondatrice du site internet www.yogisa.life

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(2) comments

Laurence B. 10/23/2019

Bonjour Isa,
Quel plaisir de te lire sur ce thème ! Je me retrouve tellement dans ton parcours et dans tes idées !
Je ne vais pas partager mon expérience d’entrepreneure car je ne le suis pas encore, mais je voulais partager juste mon ressenti. Je pense que tout ce que tu dis est tellement vrai.
La concurrence, qui est tabou, mais bien présente, et d’autant plus avec l’engouement du yoga, effectivement.
Etre à son compte demande en effet beaucoup de travail, de persévérance, de « commercial » et de marketing. Et c’est ce qui me fait peur, moi qui suis aussi un peu asociale, qui ne me sent pas à l’aise déjà dans les pots entre collègues au boulot, qui ai du mal à aller vers les autres.
Pourtant, je partage de plus en plus facilement le fait que je suis en cours de formation pour être prof de yoga.
Je termine ma formation d’ici 1 Mois environ, et je sais que ce n’est que le début d’un long chemin… de toute une vie…
Merci pour ce bel article, authentique et sincère !
Namaste !
Laurence

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    Isa 10/23/2019

    Merci beaucoup pour ce retour, C’est super gentil de prendre le temps de partager avec nous toutes ces réflexions! En effet, tu emploies à raison le mot « tabou »: on n’ose pas en parler pourtant elle est d’autant plus présente aujourd’hui. Bonne fin de formation, au plaisir d’échanger avec toi très bientôt 😉

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