Qu’est ce qu’une cuisine yogique?

By Isa | les principes

Fév 15

Existe t-il un régime alimentaire spécifique aux yogis? Quelle sont les interdictions de la nourriture spécifique au yoga? En réalité, il n’existe aucune réponse définie…Car le yoga, dans son approche globale n’impose rien. Il s’agit avant tout d’écouter son corps, ses ressentis et son éthique.

J’ai effectué un stage de cuisine yogique et de par mes diverses expériences ainsi que des mes études de naturopathie, j’ai eu l’occasion de tester différentes approches. Je vous livre ici quelques grands principes et petites astuces pour faire de votre nourriture une source inépuisable de plaisir et de santé.

Le principe de base de la cuisine yogique

  • Ce premier principe est le plus important, s’il faut en retenir un c’est celui ci: «écouter ce que nous dit notre corps ».

Il ne s’agit pas de partir dans des dérives sectaires ou trop restrictives mais seulement de nous fier à nos envies et besoins. La pratique régulière du yoga nous aide à mieux écouter ce qu’il se passe dans notre corps: on pratique les twists quand nous avons du mal à digérer, on pratique le yoga loin des repas car on est plus centré quand notre corps n’est pas en train de digérer son biryani du midi…

Petit à petit, les envies de sucres se font moins présentes car consommer trop de sucre va énerver et nous aurons bien plus de mal à faire le calme dans notre esprit. Votre corps est votre meilleur ami: écoutez le, puis, rationnellement, posez vous la question « est ce bon pour moi? ». Si la réponse est oui…il n’y a aucun soucis!

  • Et gardez à l’esprit qu’un écart de temps à autre n’est pas une faute mais bien un moyen de garder une certaine souplesse.

Mangeons en conscience:

Pour que le repas soit source de bienfait et nutritif il est essentiel de manger dans une atmosphère calme, conviviale et détendue. On éteint télé, portable et ordinateur: le repas doit être un moment privilégier pour échanger avec ses proches ou ses amis. Ou au contraire, un repas pris dans le silence est un moment idéal pour se concentrer sur notre nourriture et ses bienfaits pour notre corps.

cuisine yogique les principes de base

Il est nécessaire également de bien respirer, de prendre le temps. S’il y a bien un moment qui nécessité du temps et de l’attention, c’est nos repas!

Une cuisine sattvique: les 3 gunas

« gunas » est un terme sanskrit signifiant « qualité, propriété ». Elles correspondent à des états et sont indispensables à la vie. Il y en a 3:

  • Sattva: c’est la qualité la plus élevée. c’est l’état de pureté, de vérité, de calme et d’harmonie. Une nourriture sattvique est fraîche, pure, pleine de goût et de vie. Très digeste, elle doit être abondante dans nos repas. On retrouve des fruits et légumes frais, de saison et locaux. Les graines germées sont un parfait exemple d’aliment sattvique
  • Rajas: c’est un état de changements, d'action, d’activité et de mouvement. Une nourriture rajasique «réveille» et stimule. Mais elle peut également créé des déséquilibres et conduire à des comportements agressifs, énervés. Ce sera le cas d’une nourriture trop cuite ou trop piquante.
  • Tapas: C’est un état de léthargie. On retrouve donc une nourriture      « morte », qui à la longue emmène le corps dans des maladies et dans la torpeur. Il s’agit de plats réchauffées au micro onde, de la viande ou de mets trop riches.

Nous pouvons jongler entre ces 3 qualités pour créer des repas plein de vie, bons pour notre santé et qui nous plaisent au goût. Mais il s’agit surtout d’observation: si je suis dans un état tamasique, (= léthargique)  que j’ai beaucoup de mal à me réveiller, un plat rajasique (= excitant) peut m’aider à sortir de ma torpeur. À l’inverse, si je me sens trop énervée, que j’ai besoin de retrouver le calme intérieur, confectionner un repas sattvique m’aidera à retrouver mon équilibre.

Les 6 goûts de la cuisine yogique

cuisine yogique les principes de base

En effet, la cuisine yogique implique que les repas de notre journée devraient être composés des 6 goûts pour nous laisser rassasié, sans pulsions ni compulsions. Il s’agit là d’une notion ayurvédique:

  • Sucré: ha, le sucre…pour beaucoup (je suis totalement incluse dans ce « beaucoup »), il s’agit d’un péché mignon pas si rare que ça. On veillera donc à l’intégrer dans notre journée sous forme de glucides, de fruits. Une collation sucrée sans regrets se prendra entre 16h et 18h selon la chrono nutrition.
  • Aigre: on retrouve ce gout dans le citron, le citron vert ou le yaourt. Arrosé ses plats d’un jus de citron avant de les servir vous apportera ce gout tout en subtilité et accentuera les saveurs des épices.
  • salé: on salera ses plats en conscience, sans abus. On peut utiliser de la sauce soja, du gomasio, on remplacera le sel raffiné par du sel intégral, de la fleur de sel.…
  • Chaud, piquant: il ne s’agit pas de ressortir de table la bouche en feu, les larmes aux yeux mais d’ajouter un petit peu de piquant dans ses plats. On utilisera en toute mesure un peu de piment, de gingembre ou tout simplement du poivre.
  • Amer: le goût amer est un des plus difficile à apporter, mais pourtant, il est essentiel. Il purifie notre système. Ajouter un peu de fenugrec dans vos currys, incorporer des herbes amères dans vos salades. Il n’en faut pas beaucoup, mais un peu change réellement votre santé et surtout vous évite les pulsions sucrées.
  • Astringent: il n’existe pas de gout astringent à proprement parler. Il concerne les protéines, légumineuses, tofu .

L’ahimsa: la non-violence dans l’alimentation.

Comme vous le savez, l’ahimsa fait parties de 5 yamas, les règles de conduites éthiques des yogis. La pratique de la non-violence implique donc le fait de ne pas mettre à mort un animal. Aussi, les yogis évitent de consommer de la chair animale.

Néanmoins, il s’agit avant tout de trouver un équilibre et d’écouter son ressenti. La pratique du yoga n’impose en aucun cas un mode alimentaire végétarien ou végétalien.

Et mon lait dans tout ça?

De part ma formation à l’ashram Sivananda, l’alimentation était lacto-végétarienne, tout en limitant justement ces produits laitiers à 3 fois par semaine. Nous savons aujourd’hui que le lait de vache pose d’énormes problèmes d’intolérances ou même d’allergies. Aussi, limiter ses apports n’est pas une mauvaise idée. Il est bon également de varier avec des yaourts ou fromages au lait de chèvre ou de brebis.

cuisine yogique les principes de base

Pour les intolérants au lactose, ou les végétaliens, toutes les recettes sont adaptables avec des laits de végétaux (soja, oléagineux, chanvre etc…). Il est bon de varier ses lait végétaux et d’essayer autant que possible de les faire nous-mêmes.

  • De nombreux boissons végétales sont riches en sucres ajoutés, il faut toujours bien vérifier les étiquettes.

Puis je me faire cuire un oeuf?

cuisine yogique les principes de base

Là encore, aucun règle fixe; Sivananda n’utilise pas d’oeufs, ma professeur de yoga en mange 2 pas jours pour être en forme…C’est selon votre ressenti. Pour ma part, j’ai, depuis peu, réintégré les oeufs dans mon alimentation.

Je fais attention à leur provenance, seulement de poules élevées en plein air. Quand mes collègues en ont de trop je me fais un plaisir de leur prendre. Je privilégie ainsi le bien être de poules avant tout.

  • Une poule élevée en plein air, qui peut gambader et gratter la terre, picorer des asticots pondra des oeufs équilibrés en terme d’oméga 3 et d’oméga 6: cet atout santé est un plus pour insister sur la provenance de oeufs que vous souhaitez consommer.

Néanmoins, je ne souhaite plus utiliser mes oeufs pour des préparations (gâteaux, quiches, etc)…je préfère bénéficier au maximum de cet aliment miracle. Pour cela, la cuisson « oeuf mollet » est vraiment parfaite: le blanc est cuit, ce qui le rend parfaitement digest mais le jaune, réserve d’éléments nutritifs d’excellentes qualité est cru.

De cette manière, votre oeuf est une mine d’or pour votre santé. à consommer le matin ou pour le repas de midi.

Prêt pour un mode alimentaire yogique?

Vous l’avez compris, cette manière de se nourrir repose avant tout sur une grand principe: l’équilibre. L’équilibre entre son corps et son esprit: est ce que nous mangeons en conscience? est ce que cette pulsion alimentaire est physique ou cache un besoin de réconfort, un manque d’affection? Le yoga de la nourriture est surtout basé sur nos émotions, nos besoins. Une écoute attentive est essentielle.

  • L’équilibre ensuite dans les aliments que nous choisissons: essayer d’aller chercher ses fruits et légumes chez des producteurs locaux, privilégier les aliments de saison et frais, essayer de ne pas avoir trop de restes pour que notre nourriture reste pleine de vie.

Une alimentation yogique est selon moi, une merveilleuse occasion de se faire plaisir en se faisant du bien. Et surtout de faire partager à ceux qu’on aime une nourriture vivante, équilibrée, colorée et généreuse. Pas d’obligation ni de restrictions dans cette façon de manger: juste se fier à son corps. être conscient, pas seulement de ce qu’on mange mais de notre impact également.

  • Voilà peut être une piste à suivre pour que l’alimentation consciente ne soit plus une étiquette ou une marque mais un mode de vie adaptable à tous! N'hésitez pas à laisser en commentaires votre avis...

Pour aller plus loin...ma bibliographie et mes sources


Le joli livre "Yoga food" de Pamela Weber (illustrations de Nathalie Carnet) Trouver votre exemplaire ici

Ma formation à l'ashram de Sivananda 

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About the Author

Professeur de Yoga Hatha & Vinyasa, étudiante en naturopathie et passionnée de cuisine yogique. Mais avant tout, amoureuse de la nature et des montagnes. Fondatrice du site internet www.yogisa.life

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(1) comment

NaturallyLauly 02/16/2017

Ultra intéressant cet article ma belle. Du coup, je découvre ce « type » d’alimentation. J’ai hâte de découvrir tes futurs articles. Ca promet beaucoup d’enrichissement tout cela. Gros bisous <3

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