Le métier de naturopathe: Les remises en question.

By Isa | Naturopathie

Déc 06
Le métier de naturopathe: Les remises en question

Et si le métier de naturopathe ne me convenait pas? C'est pourtant un métier riche, diversifié, humain. Oui mais voilà, la naturopathie a aussi ses zones d'ombres.

Nous vivons dans un monde plein de paradoxes. À la fois nous sommes abreuvés d’informations et nous n’avons jamais été autant désinformés qu’aujourd’hui. Dans la première partie, je vous ai expliqué comment j’avais décidé de suivre mes études de naturopathie. Et finalement, c'est ce que j’ai pu observer au cours de ces études qui a fini par me faire prendre du recul.

Car il n’existe pas un monde en noir et blanc mais un monde plein de nuances, je vais vous expliquer ici pourquoi ma 2ème année a été une source de remise en question.

NOTA BENE: Comme pour le premier article, je n'expose ici qu'un point de vue. Je vous demanderai de le respecter. Je vous invite à exprimer vos désaccords dans les commentaires pour avoir la chance de créer un débat constructif et bienveillant.

Il n'y a aucune stigmatisation d'un métier ou d'une école. Il s'agit simplement de mon expérience.

Le naturopathe et les protocoles.

Ma deuxième année a été plus déstabilisante. Le point positif a été la découverte de la réflexologie. Mais concernant ma soif de connaissances plus « scientifiques », mon envie de comprendre les mécanismes, je suis restée sur ma faim. Par contre, j’ai découvert des tas et des tas et des tas et des tas de laboratoires...

En phytothérapie et en aroma on a passé plus de temps à créer des petites formules  (et malheureusement pas toujours en tenant compte du terrain de la personne) qu’à comprendre le fonctionnement des plantes. 

Peut-être que cela devait faire partir de notre travail personnel, sûrement même.

Sinon comment bien conseiller si on n’applique que des protocoles? Sans comprendre le fonctionnement sur notre organisme? Cela me semble compliqué. Les protocoles c’est bien, à la lumière de la science. Et par science, je parle de biologie, du fonctionnement de nos organes. Pas de choses farfelues, juste de la physiologie.

Mais en faisant ce travail de recherche, sur le fonctionnement des plantes j’ai vite réalisé l’étendue du travail à faire pour bien comprendre leur fonctionnement.

Et aussi, que certaines études réalisées sur les animaux étaient à prendre…avec des pincettes.

Donc, qu’il fallait sans cesse remettre en question les protocoles afin de bien comprendre dans quel cas cela marchait, quelles étaient les interactions avec les médicaments, quels pouvaient être les dangers aussi.

Exactement comme avec n’importe quel médicament allopathique.

Le métier de naturopathe: Les remises en question

« Naturel » signifie qui vient de la nature…

Pas « sans danger ». Donc à manier avec conscience, précaution et discernement.

Quelle est la place du naturopathe?

Il y a un an et demi je vous écrivais "Un naturopathe peut soigner de lourdes pathologies. On a eu plusieurs profs qui nous l'ont prouvé. »

Aujourd’hui je me relis. Et je me pose la question suivante:  « Est ce qu’un naturopathe doit soigner de lourdes pathologies? »

À mon sens, non. Et je suis heureuse, aujourd’hui, avec mon recul de me rendre compte de ça. Que je ne veux pas être une naturopathe qui « soigne » des pathologies lourdes.

Parce que je me vois agir en prévention et/ou en accompagnement.

J’ajoutais « ...Mais pas sans travail. Encore moins sans connaissances. Et surtout pas sans remises en question. Apprendre la nutrition, les mécanismes des maladies est sérieux. On ne s'improvise pas naturopathe ».

Et j’en viens au coeur du sujet: je ne sais pas exceller dans toutes les branches de la santé. Soigner aussi bien les problèmes dermatologiques, cardio vasculaires, nerveux, hépatiques, digestifs…

Si la médecine a décidé de créer des spécialités, c’est surement car il y a des raisons.

Mes premières consultations:

Au cours de ma deuxième année, j’ai commencé à consulter, d’abord des élèves du yoga. Au début, je trouvais ça extrêmement enrichissant. Dans la mesure où ça me permettait de mettre en pratique ce que j’apprenais et surtout de me confronter à la réalité du métier.

J’ai ensuite pu pratiquer la réflexologie plantaire, que j’ai trouvé très agréable et bénéfique!

Mais au fur et à mesure, plus je voyais des choses qui ne me correspondaient pas dans le monde de la naturopathie, plus j’ai réalisé que…Je jouais à l’apprenti médecin.

Une sorte de Harry Potter de la naturopathie. Sauf que ce je fais n'est pas de de la sorcellerie. Mais que je suis censée m’occuper de la santé des gens.

Ou de leur portefeuille?

Je m’explique: à l’école  (et les labos de compléments alimentaires proposent la même chose) on nous donne des « protocoles ». Des protocoles surtout à base de compléments alimentaires…Et les compléments alimentaires, ça coûte cher. C’est assez lucratif d’ailleurs. Pour une efficacité parfois très douteuse.

Et la réalité est qu’un naturopathe a un intérêt financier à prescrire des compléments alimentaires.

Naturopathie, labo, éthique et intérêt financier:

Il n’y a pas 2 camps bien distincts.

Il existe des médecins biberonnés aux labos pharmaceutiques comme il en existe qui refusent leur pression et tenteront de faire le moins appel possible aux médicaments « allopathiques » .

Et il existe des naturopathes qui comprennent le juteux marché des compléments alimentaires en vente libre et sont très heureux de recevoir des commissions. Même si les résultats pour la santé du patient ne sont pas au toujours au rendez vous. Comme il en existe qui feront en sorte de proposer des solutions efficaces en cherchant à réduire les coûts.

Quel est le mal pourrait-on me demander? "Quand bien même ces compléments alimentaires ne seraient pas efficaces, au moins, on essaie de soulager la personne".

Et oui, en effet. Mais jusqu'où on teste? Pourquoi est-ce plus tentant de conseiller des probiotiques plutôt qu'un changement de routine de vie?

Je vois des personnes préférant avaler des pilules miracles plutôt qu'aller nager 20 minutes. Même chose en alimentation: c'est moins "fun" de croquer une pomme que de manger un biscuit "allégé certifié sans gluten (mais bourré de maïs et d'édulcorants)"...

"Mais, voyons, c'est l'être humain", pas vraiment sage et à l'affut de pilules miracles. C'est justement le problème de cette quête de solutions miracles. Alors que la naturopathie utilise cette corde sensible...Je trouve ça limite.

Selon moi, je vois les compléments alimentaires comme la solution "de dernier recours". Exactement comme les médicaments. 

ET j'ai du mal à croire qu'un complément alimentaire peut régler tous les problèmes de la personnes sans un changement conséquent de son mode de vie.

Ma difficulté à trouver ma place.

C'est à cette place d’apprenti médecin que je ne me suis pas trouvée à l’aise. Oui certaines personnes sont déçues de la médecine. Mais en tant que naturopathe je ne peux pas tout régler. Ce serait une erreur de le croire.

Pour qu’on se comprenne bien: les naturopathes qui se sentent à l’aise et travaillent AVEC les médecins sont sûrement très compétents et raisonnables. Simplement, je ne me suis pas retrouvée à cette place. Et je pense que mon témoignage peut peut être aider certaines personnes. Soit à aller dans ce sens de la naturopathie, soit en changeant légèrement de direction.

L’idée du métier de naturopathe me plaisait, je ne vais pas mentir. Mais la mise en pratique a été plus compliquée. Parfois on croit qu'on veut quelque chose, puis quand on y arrive on réalise qu’on est pas parfaitement aligné. C’était mon cas.

Alors j’ai fini par trouver ma place. Une place en prévention.

Mon projet: la prévention.

Désormais je sais où je me place.

Je veux aider les personnes à mieux gérer leur stress. 

Grâce au yoga, à la méditation, au développement personnel. Et y ajouter des indications pour le mode de vie. Un peu de phyto, si besoin. Pourquoi pas de l’aromathérapie. Et bien sûr de l’alimentation saine et équilibrante: pas de restriction inutile, juste du bon sens et de l’écoute.

C'est pour cette raison que j'ai écrit un ebook ludique, de 150 pages qui vous donne de nombreuses pistes pour prendre votre vie en main et faire du stress...votre meilleur ami!

Est ce que par ce que les choses sont simples elles ne valent pas la peine d’être valorisée? J’ai rencontré il y a peu une prof de méditation qui expliquait, simplement que la méditation permettait de se recentrer sur le moment présent.

Bé alors! C’est si simple, on devrait tous y arriver! Ne plus ressasser le passé, ne plus se projeter.

Le métier de naturopathe: Les remises en question

Trouver une routine « positive » par exemple, c’est extrêmement difficile à mettre en place! Pourtant, ce sont ces actions, concrètes, simples qui peuvent changer une vie.

Une passion pour la recherche et l'écriture.

Au delà de toutes les connaissances de base, la naturopathie m’a permis de mettre à profit ma passion pour la lecture et l’écriture. Je me régale d’écrire des articles sur des notions de « base », comme les protéines, les lipides, mais c’est tellement important pour moi de comprendre!

Et j'ai déjà entendu que ce que je faisais c'était pour les personnes qui "n'y connaissent rien". Peut-être...Mais une chose est sûre: je préfère être dans ce camp...Plutôt que de croire que je sais tout sur tout! Les certitudes sont les plus grands freins de l'apprentissage.

Et j’aime l’idée que mes articles apportent une compréhension supplémentaire par rapport de nombreux articles « à la mode » qui donnent en effet des solutions miracles. Mais sans prendre le temps d’expliquer l’origine du problème.

ET ces solutions s’accompagnent souvent d’un coût:

  • Un complément alimentaire de tel labo.
  • Puis une poudre d’un aliment exotique venant d’Amazonie bien emballée dans un joli contenant plastique (mais c’est vegan, bio, sans OGM…).
  • Sans oublier les graines de lin moulues SUPER MÉGA RICHES en oméga 3 bien emballées dans leur joli sachet…Quand on comprend la fragilité des omégas 3, on peut se demander quelle teneur en oméga 3 il reste à la 3ème cuillère de graines de lin avalées en 3 semaines. Le sujet vous intéresse? Régalez vous avec ce rapport très complet de 100 pages sur le sujet!

Au delà de ça, j’ai découvert une véritable passion pour l’aromathérapie et la phytothérapie et je pense que ce sont des domaines où il faut insister sur les recherches. Et bien sur, il faut COMPRENDRE les plantes, renouer avec ce savoir ancestral. Avant de se jeter sur les produits bien aseptisés des labo.

Et je serai ravie de continuer à faire des articles ou des infographies pour apprendre à  manier les plantes avec discernement.

Parce que la verveine du jardin de votre mamie fera sûrement beaucoup de bien! Une fois savourée dans le calme, après une journée agréable. Bien plus qu’un complément alimentaire avalé après une journée stressante, dans un environnement qui ne nous convient pas.

Mon avis sur l’avenir de la naturopathie.

L’évolution de la médecin en France et ailleurs:

Il y a quelques temps j’ai assisté à une conférence où un prof en médecine insistait sur le fait d’intégrer plus d’alimentation dans le cursus des médecins. Et soulignait que les médecins devraient, au cours d’une consultation, proposer des solutions pour un meilleur équilibre alimentaire.

La médecine est en train d’évoluer dans le bon sens et j’en suis ravie.

Et je pense que la naturopathie devrait faire de même.

Dans mon monde idéal la naturopathie serait une spécialisation pour les étudiants en médecine. De manière à ce que tous ces professionnels avancent ensemble, dans la même direction. Ou en tout cas, que la partie scientifique de la formation et l’alimentation occupent une place prépondérante. Avec bien sûr une approche émotionnelle, plus de l’ordre du développement personnel. L'un ne va pas sans l'autre.

De plus en plus de médecins travaillent avec des magnétiseurs, des coupeurs de feu, de la méditation et j'en passe. Parce que ces pratiques se complètent! 

La place de l’aromathérapie et de la phytothérapie:

Quant aux pratiques annexes comme l’aromathérapie ou la phytothérapie, elles devraient, selon moi, constituer des spécialisations à part.

Ce sont des matières extrêmement utiles, puissantes mais aussi complexes. Et sans une formation adaptée, j’ose à peine imaginer les dégâts.

Selon moi, ma formation n’était pas adaptée sur ces 2 sujets. J’y ai appris des formules et des protocoles. Mais il m’a manqué la compréhension du mécanisme d’action des plantes.

On me dira sans doute qu’il faut faire confiance, que c’est l’expérience qui nous dit de faire ça…De boire un petit peu d’eau et du citron, un petite cuillère de vinaigre de cidre…Mais la réalité derrière ça? L’application? La personnalisation?

La santé, c’est précieux. L’enfer est pavé de bonnes intentions. À trop vouloir croire qu’on peut aider tout le monde à guérir de tout, qui soigne t-on? 

Pas grand monde si ce n’est notre Ego.

Pourquoi la science est importante pour moi?

L’humilité de la démarche scientifque, capable de se remettre en question me plait bien mieux. Et me rassure.

Le métier de naturopathe: Les remises en question

J’avais envie de vous partager les mots d’un chercheur que j’ai eue la chance d’écouter lors d’une conférence:

« Un chercheur n’a pas d’attentes quand il fait des recherches scientifiques. Il ne peut pas être déçu du résultat. Il doit juste accepter les faits. »

J’aime lire les résultats d’études scientifiques. car il y a toujours ce petit paragraphe, si essentiel « obstacles et limitations »

C'est ce qui met l’accent sur les zones d’ombres et surtout qui permet d’avancer toujours plus loin sur un sujet.

Et c’est aujourd’hui ce que j’ai envie d’appliquer dans mon domaine. Sans prendre la place de quiconque, juste en acceptant ce que je peux, ou pas, apporter.

Un peu d’humilité...

Je ne vois plus la naturopathie comme une panacée mais une base…

Une base à explorer, afin de créer sa spécialisation et de trouver le domaine dans lequel je suis la plus à l’aise pour apporter des outils concrets aux personnes qui viennent me voir.

Ce monde rempli de certitudes, je le trouve dangereux.

Savoir reconnaître ses faiblesses, c’est déjà une preuve de force.

Je ne sais plus où j’ai lu cette phrase, mais elle conclut à merveille mon expérience de ces études de naturopathie.

Maintenant, assez parlé, je pense que vous avez des choses à me dire dans les commentaires…

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About the Author

Professeur de yoga, étudiante en naturopathie, passionnée par la nutrition et l'alimentation santé. Amoureuse de la montagne et de la nature. Et fondatrice du site internet www.yogisa.life

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(11) comments

Xavier 12/06/2018

Quel article! Même dans des domaines scientifiques, je pense qu’il faut toujours garder un esprit critique. Ne pas dire que rien ne marche mais comprendre plutôt dans quelles conditions ça marche ou ça ne marche pas.Et pour quelles personnes. Bon sens et connaissances scientifiques sont complémentaires pour autant qu’on en fasse usage avec prudence. En tout cas merci du partage, c’était un plaisir de te lire 😉

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Maud 12/06/2018

Coucou Isa! Toujours un plaisir de te lire, pour moi aussi grosse remise en question l’année après le diplôme (en 2 en 1 tout s’est enchaîné si vite…). Plus que la « corruption » par les labos de compléments alimentaires, c’est la demande de mes clients de la pilule miracle qui me dérangeait. Trouver une solution chimique bien que naturelle, rapide et sans changer son mode de vie ni son alimentation délétère… je ne m’y retrouvais pas, entre les clients qui remettent tous leurs espoirs entre tes mains (dure la posture du therapeute) et ceux qui consultent sans vouloir changer un poïl leurs habitudes… je ne blâme personne, c est notre système qui est coupable, mais ne voulais pas y contribuer. J’ai donc décider de changer de cap et de pratiquer differemment: ateliers, bilan alimentaire et accompagnements à une alimentation plus adaptée. Aroma et phyto sont des aides mais restent à leur place.
Je me retrouve donc dans ton témoignage, vive la prévention!

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Claire 12/06/2018

Hello,

J’adore te lire ! Je suis totalement d’accord avec ton analyse, j’ai commencé il y a 3 ans (déjà) des études en naturo pour compléter ma connaissance en alimentation et j’en suis arrivée aux mêmes constats : pour tout les sujets qui amènent la compréhension et la connaissance, il y a un grand travail personnel, et une recherche de soi pour mieux accompagner les autres ; c’est vrai pour tous les métiers ! C’est un fort enrichissement humain mais il y a les limites que nous nous devons d’accepter : les nôtres et celles des autres.
Merci de nous faire partager ton chemin et continue de nous inspirer par tes réflexions bienveillantes ! « – Suivons le chemin ! – Quel chemin ? – Celui que nous traçons ! » Amicalement, Claire

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Valerie 12/06/2018

Coucou Isa….D abord merci pour ton article …il n est pas si simple de se mettre à nu. Ma réflexion porte surtout sur un aspect que moi je ne vois pas encore (cela viendra peut être ) les labos…au CNFDI ni en phytothérapie ni en aromatherapie on nous a bombarder de labo…ni de compléments alimentaires. …en ce moment je voit les nutriments et leurs transporteur naturels c est a dire alimentaires. … donc cela vient peut être d une école. … A part cela je suis comme toi je me vois plus dans un rôle d aide de soutien à la santé. …je souhaiterais pouvoir aider les personnes en traitement allopathique à mieux les supporter en modifiant leur hygiène de vie par exemple. ….mais je suis encore qu au début du niveau 2 donc encore beaucoup de chemin à parcourir. Bisous val

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Caro 12/06/2018

Coucou
Merci pour cet article. Je m y retrouve en tant que « patiente  » quo reste plusieurs solutions pour soulager ses maux (physiques ou psycho ). Et effectivement on remarque que certains spécialiste s nous conseillent tel ou tel produits..mais,de tel labo . Comme certains médecins qui font travailler leur cercle.. ce qui est normal .. tant que ça reste ds l intérêt du patient. J ai tjs été curieuse de consulter un naturopathe sans vraiment savoir ce qu il faisait en fait…je trouve ton approche intéressante. Un peu Comme on devrait faire entre homéopathie et allopathie. Utiliser tout ce que la nature nous offre pour compléter un soin approprié. Oui on peut aider à mon sens avec l aroma la phytothérapie l homeo…Après non on ne va pas soigner du lourd . Il faut que ça corresponde à chacun . Ici on.utilise énormément l aroma la phytothérapie et l homeo… car certains médicaments en allopathie sont troo forts et ont trop d effets secondaires mais il faut rester vigilant et voir les limites. Donc merci de ton éclairage et merci de tes posts.

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Pascale 12/06/2018

Bonjour Isa,
Merci pour cet article et ton point de vue intéressant sur la naturopathie et le métier de naturopathe. En tant que praticienne je suis interpellée par certains points. L’importance des laboratoires dans le cadre de ta formation me questionne et je comprends que le recours à des protocoles systématiques avec batteries de compléments couteux te posent un problème moral et ait remis en question ta confiance en l’application de la naturopathie (j’ai compris aussi que ça n’était pas la seule raison). Pour moi, il y a là un faux-message de l’enseignement reçu, car la naturopathie exercée de cette manière n’est pas de la naturopathie mais de « l’allopathie verte ». Le complément ne doit pas être anti-symptomatique (ou en de rares cas), utilisé de façon temporaire s’il y a nécessité, il doit à mon sens soutenir une fonction ou un système de façon temporaire et cela inévitablement dans le cadre d’une modification de l’hygiène de vie. L’éducation à la santé est pour moi le cœur de notre métier et ça n’est pas facile, car comme toi, je constate dans ma pratique que les clients sont souvent en attente de la pilule miracle ou de la solution immédiate et radicale. Je ne critique pas cette attitude car mon métier est justement de démonter leur croyance selon laquelle la naturopathie, ou autre médecine douce, c’est « soigner les maladies avec des plantes ». J’explique à chaque fois la même chose, l’impact de notre hygiène de vie sur notre santé et notre bien-être, la recherche de la cause, l’importance de changer ses habitudes, doucement, surement et pour le long terme. Et je ne promets pas la lune. C’est souvent déstabilisant pour les clients, quoique de plus en plus de personnes sont heureusement animées par ses réflexions. Malgré mes explications et la pédagogie que j’essaie d’y mettre, parfois je rencontre des difficultés dans le suivi des clients qui, pour certains, laissent tomber par manque de résultats probants immédiats ou n’appliquent qu’une partie des conseils, la plus facile généralement, sans doute parfois parce que j’ai loupé quelque chose dans mon message ou mon accompagnement. Preuve que la naturopathie tient encore une place mal définie dans le champ des médecines non conventionnelles et véhicule parfois une fausse image. Je comprends donc tout à fait ton désarroi, il est certain que les programmes des écoles demanderaient à être plus conséquents, même pour les cursus les plus longs, cela demande beaucoup de travail personnel et des formations supplémentaires. Je ne me laisse pas aller à la tentation des laboratoires, mais travaille de la façon la plus hygiéniste possible sans excès de compléments. J’espère vivement que le métier va évoluer car en dépit de tout cela, je constate que le travail que je mène avec mes clients est utile pour eux et complémentaire à leur suivi médical mais il est certain que tout cela n’est pas simple et encore bien mal défini aux yeux du grand public et du domaine médical, tout en étant parfois mal appliqué. Comme toi, je pense que le cœur de notre métier reste la prévention. Merci en tout cas pour ta franchise, source de réflexion. Belle journée.

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Andrea 12/06/2018

Bonjour, j’ai adoré cet article. Je suis actuellement infirmière et j’avais très envie de me diriger vers un cursus de naturo. Une formatrice m’avait dit méfie toi je ne pense pas que ça soit ce qui te correspond. C’est pareil que la médecine allopathique. On te donne des solutions mais plus naturel. Je ne comprenais pas trop ce qu’elle voulait dire et je mettais de côté son avis pour essayer de faire le mien. Maintenant que j’ai lu cet article, je comprends. Et je suis exactement comme toi.
Finalement ce qu’on veut faire c’est de la prévention en ayant plusieurs clef en mains, je trouve ça génial. Mais c’est la qu’on se dit qu’on ne connaît pas nos bases, ne serait ce que pour l’alimentation.
Tes articles que tu fais pour expliquer differents mécanismes par le biais des schémas sont juste géniaux. Je ne peux que t’encourager a continuer. Même en ayant fait des études d’infirmière j’en apprend encore. Comme tu l’as si bien dis on ne peut pas exceller dans tous les domaines, c’est beaucoup trop vaste la médecine.
En tout cas, merci pour tout ce que tu nous apportes ! Ton contenu et ton expérience 😉

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Damien Mérut 12/06/2018

Bon article !

Plus long que le premier et ou je m’y retrouve un peu moins, normal la reflexo et moi ….
Je passe par un chemin pratiquement similaire et j’ai pu échanger avec des naturos qui placent les compléments à toutes les consultations, franchement ça fais peur.

La ou je suis moins d’accord avec tes propos c’est quand tu parle de soigner des personnes, pour m’a part je ne soigne personne, j’accompagne la personne sur plusieurs plans, elle fait le reste.

Bon courage pour la suite.

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BERTRAND 12/06/2018

Bonjour, merci pour ce bel article. Je suis en projet de reconversion et de plus pour le metier de praticien nathuropathe 🤗 vous repondez à ces questions que je me pose (la formation,les connaissances en biologie, anatomie etc…le coût, les écoles etc…).
J’ai besoin de me sentir utile, être une coach ou la meilleure amie, de partager, aider les autres, afin que chacun puisse avoir les clés pour se sentir mieux dans sa vie et en accord avec soi même.
Je suis rassuré car avec votre article et témoignage quelque soit l’expérience, celle ci nous permet de trouver notre chemin pour mieux être alignée 🙏

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Caroline 12/06/2018

Bonjour, et merci pour cet article ! J’ai moi aussi fait une formation de naturopathe il y a quelques années, dans une école différente de la vôtre, qui était agréée par la fenamhan. Je vois que les problèmes sont les mêmes de partout, et ça me fait du bien de lire vos réflexions, de voir que je ne suis pas la seule à penser comme ça!!! Pour ma part, je n’ai jamais exercé en tant que naturopathe, mais j’ai appris beaucoup de choses, notamment un gros coup de cœur pour la phytothérapie et l’aromathérapie, dont je me sers au quotidien pour mes proches et moi-même. Je suis maintenant infirmière et je me retrouve mieux dans ce métier, et j’essaie d’apporter des conseils naturo à certains patients qui sont demandeurs. Bravo pour votre parcours et votre mode d’exercice, je pense que vous allez aider beaucoup de gens tout en respectant vos valeurs.

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Brousse.Ouillisse 12/15/2018

Bonjour, je trouve votre remise en question et votre humilité très saine. Beaucoup de naturopathes semblent venir à ce métier pour de bonnes raisons, mais il semble aussi qu’ils y restent pour de mauvaises, notamment pour devenir riche en se moquant que ce soit aux dépens des personnes qui viennent leur confier leurs espoirs de guérison.

Vous soulevez le poids de la pharmacie, scientifique ou supposée, des labos vendeurs de pilules miracles et autres elixirs…et vous avez raison.

Mais votre formation n’est que 2 ans, alors que la formation en allopathie dure au moins 3 fois plus longtemps…Il vous faut donc poursuivre, vous avez bien identifié les manques des formations trop rapides.

Bon courage sur la voie de la Sagesse. Vous êtes en bon chemin.

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